[Jeudi 1 Février 2018 au Jeudi 7 Juin]- Cycle de Conférence MGEN

  • Date : Jeudi 1 Février, Jeudi 1er Mars, Jeudi 5 Avril, Jeudi 3 Mai et Jeudi 7 Juin. à 21h
  • Lieu : l’hôpital de jour de la MGEN, 3, place Félix Poulat, à Grenoble

Cycle de Conférence MGEN Clinique psychiatrique et psychanalytique – Transfert et érotomanie/ L’amour dans le délire

Les soirées de l’hôpital de jour de la MGEN proposent un débat à ceux, praticiens, soignants ou autres qui sont confrontés ou intéressés à la clinique. Ces débats sont organisés à partir d’exposés faits par des cliniciens, et laissent un temps large pour la discussion. Cette année elles auront pour thème principal: la relation à l’autre.

« CE QUI COMPTE, C’EST LES AUTRES »

Un patient qui a passé la plus grande partie de sa vie dans un repli relationnel massif, étonne son entourage par une ouverture délicate et originale vers les autres. Lui-même résume cela en une phrase : ce qui compte, c’est les autres. Cet homme soulève à son tour non seulement la question de la relation à l’autre et de son caractère pathologique–pour lui situé du côté d’une psychose–mais aussi de ce qui reste d’appétence pour l’autre qui va permettre à la fois que l’autre compte pour lui et lui compte pour les autres.

Rien n’est plus pathologique que la relation à l’autre. L’autre peut être ignoré, méconnu, rejeté, ce qui nécessite notre attention. L’homme doit beaucoup à l’autre, la vie bien sûre mais surtout le langage dans lequel vont se constituer pour lui un monde et un désir.

L’autre est ignoré quand l’enfant, aux soins et aux sollicitations langagières de celui qui n’est pas encore un autre, reste dans une passivité qui n’est pas seulement motrice et langagière : il se laisse parler par l’autre.

L’autre est méconnu quand l’enfant s’identifie à l’image de son prochain. Cette image fait frontière avec l’autre, par-delà laquelle les échanges pulsionnels se créent. Une assise amoureuse est donnée aux relations avec l’autre, volontiers passionnelles. Cet amour serait parfait s’il n’y avait pas une impossibilité à stabiliser cette frontière et à réussir les échanges avec l’autre. Le pathologique ici est méconnaissance paranoïaque : j’attribue à l’autre le désir de la relation et la cause de son échec.

L’autre peut aussi être rejeté, ce qui survient lorsque l’enfant accède à la loi qu’il repère au-delà de la relation imaginaire qui lui intime l’ordre de laisser de côté ces bisbilles pulsionnelles pour se mettre au service de la reproduction de la vie et de son lignage. L’autre y change de nature, il devient transcendant et porteur d’une loi qui régit les échanges entre l’Un et l’autre. Le pathologique ici réside dans la pente à idéaliser le Un de la loi, et à rejeter comme étranger et ennemi ceux qui n’obéissent pas à ses principes. Cette pathologie là qui nous est des plus familières, n’est pas la moindre y compris dans ses avatars contemporains théologico–politiques.

Ajoutons à cela que ces pathologies de la relation à l’autre ne sont pas exclusives les unes des autres et viennent plutôt s’intriquer dans des proportions variables. Le clinicien a tout intérêt à repérer, pour chaque patient, ce qui lui fait obstacle tant à ce passage obligé par l’Autre, qu’à la reconnaissance que ce désir qu’il attribuait à l’Autre n’est que le sien propre. Ce n’est qu’à ces conditions que l’autre peut compter.

 

Programme

Jeudi 1er février 2018 : Albert Maître : Transfert et érotomanie

Régis Patouillard : l’amour dans le délire

Discutant : Pierre Arel

Jeudi 1er mars 2018 : Alexis Chiari : De qui sommes nous le prochain?

Discutant : Charlotte Bayat

Jeudi 5 avril 2018 : Nizar Hatem : l’altération du corps, une question pour l’autre

Discutant Marie-Philippe Deloche

Jeudi 3 mai 2018: Francesca Commandini, A propos des conditions et coordonnées de la clinique : une expérience de travail collectif en institution.

Pierre Arel : Le lieu de l’Autre

Discutant : Jean-Luc Cacciali

Jeudi 7 juin 2018 Anne Enot : l’enfant qui pleurait trop

Discutant : Jérome Lebaud

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *